Blogging on Issues of International and European Security

Idées pour renforcer l’influence régionale de l’UE

 

european commission

Source: European Commission

by Francois Ducrotté

– Bruxelles, 15 Mai 2013, présentation du rapport “Think Global-Act European. Thinking strategically about the EU’s external action” (Notre Europe – Jacques Delors Institute, Avril 2013) – 

Le président/modérateur de la session intitulée “reinforcing EU regional influence” a rappelé le besoin de légitimer l’action extérieure de l’UE en démontrant aux citoyens qu’une action commune est indispensable pour la défense de leurs intérêts.

Trois thèmes ont été étudiés dans le rapport “Think Global-Act European. Thinking strategically about the EU’s external action” (Notre Europe – Jacques Delors Institute, Avril 2013):

Sur le thème de la migration, Monsieur Eneko Landaburu (ancien directeur général RELEX, Commission Européenne) a évoqué la nécessité d’une stratégie globale qui réponde au défi démographique européen tout en développant des propositions quant à la migration légale.  Au sujet de la politique de voisinage, il a insisté sur la consolidation des liens avec les pays voisins du Sud et de l’Est et quant à la défense, il a rappelé le besoin de reformuler les priorités géostratégiques européennes ainsi que les menaces nouvelles.

Migration

Notamment abordé par Elmar Brok (Présent du Comité des Affaires Etrangères, Parlement Européen) et Stefano Manservisi (Directeur Général Affaires Intérieures, Commission Européenne une meilleure coordination entre les différents instruments de la politique étrangère européenne est nécessaire.

Le travail de l’Union Européenne est horizontal; c’est à dire qu’il appartient aux Etats Membres d’adopter leur propre stratégie sur les questions relatives à la migration, tout en laissant à l’UE la mise en valeur d’une compatibilité entre ces différentes lois nationales. Il y a besoin d’un point de départ et il ne faut pas seulement se concentrer sur la migration économique, comme le font la plupart des Etats Membres. Il faut penser en termes d’intérêts Européens, et non pas en termes d’intérêts nationaux.

Comme le rappelle Elmar Brok, dans un style toujours direct mais toujours appréciable, le problème lié à la migration ne va pas seulement être résolu par la politique de migration européenne. Il a pour cela évoqué l’exemple anglais de 2004 concernant les travailleurs polonais. Le problème européen lié à la migration est que cette migration se trouve souvent illégale. L’Europe a besoin de migration, en parti à cause des problèmes démographiques auxquels elle sera bientôt confrontée, mais aujourd’hui, cette migration ne remplit pas les conditions nécessaires de légalité, en parti due aux critères trop élevés instaurés par l’UE.

Comme l’évoquait Monsieur Landaburu en ouverture de session, il faut trouver un moyen de rendre cette migration légale.

Politique de voisinage

Monsieur Hugues Mingarelli (EEAS) s’est permis de critiquer quelques points du rapport. En premier lieu, le rapport indique que l’UE n’a pas compris les attentes de ses voisins à son égard. Cependant, M. Mingarelli explique que les pays voisins, qui se comptent au nombre de 15, n’ont pas tous les mêmes attentes, même si, de manière générale, trois sujets reviennent constamment; L’argent frais (cash), la gestion des flux migratoires et l’ouverture des marchés de l’Union pour les produits susceptibles d’être exportés.

Il a rappelé que le seul instrument dont dispose l’UE pour l’argent frais est l’aide macro financière (DG ECOFIN) mais l’octroi peut seulement se faire si le pays voisin est un partenaire du FMI, ce qui freine forcément la mobilisation de cash.

Le rapport évoque aussi le problème de l’émergence des concurrents comme la Russie, la Turquie et les Pays du Golfe. La définition de concurrent émergent n’est pas appropriée pour la Russie puisque cela fait déjà plusieurs années que la Russie essaie de freiner les échanges entre les pays de l’Europe Orientale et les pays de l’UE en essayant de créer une Union douanière.

Quant à la critique faite dans le rapport sur la réponse trop lente de l’Union aux besoins de ses voisins, il est important de rappeler que les instruments utilisés peuvent avoir un impact positif mais seulement sur le moyen ou long terme.

Défense

Sur le thème de la défense, Monsieur Elmar Broke a rappelé qu’il est discutable de donner les pouvoirs à une seule personne en tant que représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères, tout en rappelant que les instruments de coopération, inclus aussi dans le traité de Lisbonne (2009), n’ont jamais vraiment été utilisés. Ce dernier a tenu à rappeler qu’en matière de politique de voisinage, il n’y a eu aucun progrès au cours des cinq dernières années, évoquant l’idée d’une coopération multilatérale entre les Etats voisins eux-mêmes.

Pour finir, il a mentionné et remercié la France pour son nouveau livre blanc sur la défense et a conclu sur la lenteur de la mise en application de la mission EUTM Mali ainsi que sur l’inefficacité des “Battlegroups”, pourtant considérés comme une bonne opportunité.

Jean-Yves Le Drian, Ministre Français de la Défense, a en premier lieu rappelé que le livre blanc a été adopté pour les 12 ans à venir, indiquant que le Président de la République Française a souhaité maintenir l’effort de défense à son niveau actuel, malgré les restrictions budgétaires.

Un des buts de la France est de relancer l’Europe de la défense et Monsieur Le Drian en est convaincu.

Il a mentionné, en effet, une nécessité, qui va finir par s’imposer. La première nécessité vient des Etats-Unis qui ont modifié leur posture stratégique au niveau mondial (Asie – Pacifique), et du fait que l’UE ne pourra plus indéfiniment s’abriter derrière eux. La deuxième raison vient des contraintes budgétaires des uns et des autres qui vont relancer aussi l’Europe de la défense. Il attend avec beaucoup d’impatience le Conseil Européen à la fin de l’année 2013.

Le seul problème de cette stratégie viendrait du fait que si la France reste le seul pays européen à ne pas diminuer son budget en matière de défense, elle aurait alors un rôle de leader. Ceci  ne signifierait pas forcément une Europe de la défense, mais au contraire, une Europe qui se cacherait derrière l’interventionnisme militaire français.

Monsieur le Drian a aussi ajouté qu’il fallait  simplifier les gestions de crise. EUTM Mali est une mission de formation pour redonner au Mali sa souveraineté. Il a fallu 6 mois pour que les premiers militaires européens s’installent au Mali, ce qui est inadmissible pour une mission qui n’est pas une intervention militaire, mais une mission d’entrainement de l’armée Malienne.

Certes, l’union a l’avantage de proposer une décision globale, mais dans l’aspect global, il ne faut pas non plus oublier le militaire. Il a  rappelé l’opportunité de coopération structurée mais en insistant sur le manque de partenaires. La Strategie Européenne de Sécurité (2003 puis révisée en 2008) n’est plus à jour mais avant d’en créer une nouvelle, il faut un peu plus de concret et de pragmatisme.

Le Ministre Français de la défense a conclu sur le fait que l’opération militaire française au Mali a été décidée bien après la décision de lancer la mission Européenne EUTM Mali.

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This entry was posted on 16/05/2013 by in Conferences, François Ducrotté and tagged , , , , , , .

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